Quelque part en Grande-Bretagne, quelqu'un s'apprête à mettre la bouilloire en route.
Cette personne ne se demandera pas d'où vient l'électricité. On se le demande rarement. Pourtant, très bientôt, le courant qui traversera cette bouilloire à Manchester, à Birmingham ou à Londres aura parcouru des centaines de kilomètres depuis un parc éolien au large des côtes écossaises, par un câble posé au fond de la mer du Nord.
Telle est l'ambition d'Eastern Green Link 4.
Le 30 mars 2026, un contrat de deux milliards de livres a été signé pour le construire. Un câble sous-marin de 640 kilomètres reliant Fife, en Écosse, au Norfolk, en Angleterre, cheminant pour l'essentiel sur le fond marin. Mis en service en 2033, il transportera deux gigawatts d'électricité propre, de quoi alimenter environ deux millions de foyers. C'est l'un des cinq Eastern Green Links en construction le long de la côte est britannique, fruit d'une collaboration entre SP Energy Networks et National Grid Electricity Transmission. Ensemble, ils forment une nouvelle colonne vertébrale électrique, la plus vaste extension du réseau de transport britannique depuis l'après-guerre.
Voilà une infrastructure à l'échelle de Brunel. Et elle est bâtie par des mains britanniques.
Siemens Energy construira les stations de conversion de Fife et du Norfolk, ces prouesses techniques qui transforment le courant alternatif en courant continu, la manière la plus efficace d'acheminer d'énormes volumes d'électricité sur de longues distances. Siemens emploie plus de 7 000 personnes au Royaume-Uni, notamment dans son centre d'excellence de Manchester. Prysmian, déjà titulaire d'un contrat de deux milliards de livres, fournit le câble lui-même. 1 200 salariés à travers le pays. Une base maritime au port de Middlesbrough. Plus d'une centaine de fournisseurs britanniques travaillent à leurs côtés, dont 40 % dans le Nord-Est.
De vrais emplois britanniques. De la vraie ingénierie britannique. Une vraie ambition britannique. C'est la chaîne d'approvisionnement de la transition énergétique qui se construit sous nos yeux.
Au moment de signer ce contrat de deux milliards de livres, National Grid s'est saisi d'un stylo Conway Stewart de fabrication britannique, dessiné pour l'occasion. Façonné à la main à Emsworth, dans le Hampshire, son fût reprend la gaine même du câble sous-marin de Prysmian. Un hommage discret à ce remarquable projet d'infrastructure, devenu réalité d'un simple trait de plume.
Conway Stewart fabrique des stylos à la main en Angleterre depuis 1905. Nous avons vu le jour quand la Grande-Bretagne fonctionnait presque entièrement au charbon. Nous avons traversé, plume à la main, la nationalisation de l'électricité, l'essor pétrolier de la mer du Nord, la ruée vers le gaz, et aujourd'hui la transition vers l'énergie propre. Le pays autour de nous a changé, la signature d'un contrat non : l'encre, le stylo et les paraphes restent nécessaires, quelle que soit l'ampleur du projet.
Eastern Green Link 4 s'inscrit dans la tradition de Brunel.
Une infrastructure britannique, signée d'un stylo britannique. Cela paraît tout à fait juste.
Lire le communiqué de presse de National Grid ici .
